• Christophe De Beukelaer

Sobriété numérique : qu'est-ce que c'est ?

Pourquoi je reviens avec ce sujet ? Parce qu’il est essentiel dans la transition environnementale. Actuellement, le numérique représente plus de 4% de nos émissions de CO2 selon le The Shift Project. Cette proportion va aller croissante et pourrait même rejoindre l’automobile d’ici 2025. Souvent, on oublie la matérialité qu’il y a derrière le numérique : data center, terres rares, antennes…


Du coup, qu’est-ce qu’on fait ? Tous nos problèmes ne seront pas réglés par la technologie, à l’inverse, le numérique n’est pas un mal en soi, au vu de tous les progrès qu’il a pu nous amener. Il faut donc réfléchir à une bonne utilisation des outils numériques pour aider la transition. C’est pourquoi j’aimerai que la Région monitore sérieusement ses investissements en numérique, en les analysant à la lumière de leur impact ou des gains environnementaux et climatiques qu’ils permettent.


Retrouvez ci-dessous mon intervention au Parlement.


Le numérique est-il au service de l’environnement ? C’est une question épineuse. Pour certains, le numérique est l’avenir de l’homme, il sauvera notre espèce du réchauffement climatique à coup d’innovations. Pour d’autres, le numérique est responsable d’une partie conséquente du réchauffement climatique. Effectivement, la technologie moderne est à double tranchant.


Le numérique n’est pas immatériel. Nos smartphones, nos ordinateurs, mais aussi les infrastructures réseaux, la fibre, les data center… tous ces éléments sont consommateurs d’énergie et de matières premières. Chaque action numérique découle d’une émission énergétique. D’après une étude du « Shift project », le numérique représente 4% des émissions carbonées mondiales. Cette part augmente chaque année et en 2025, la consommation énergétique du numérique devrait être semblable à celle de l’automobile.


Il est clair aujourd’hui que certaines innovations nous ont permis de diminuer notre consommation énergétique ou de consommer une meilleure énergie. L’éolien, le solaire, les compteurs intelligents… sont autant d’avancées nécessaires qui n’ont pu voir le jour que grâce aux avancées technologiques. Il n’en demeure pas moins que la consommation totale d’énergie ne cesse d’augmenter. A une meilleure efficacité énergétique de nos appareils, vient se substituer une plus grande consommation ou un plus grand nombre d’appareils. Depuis la révolution industrielle, nous avons considérablement augmenté notre efficience énergétique, tout en augmentant la consommation totale. C’est ce qu’on appelle l’« effet rebond ».


Ce n’est donc pas l’amélioration technologique ou le tout-à-la-technologie qui importe, mais l’utilisation que l’ont fait de celle-ci. Je pense qu’un des défis de notre région est de mettre le numérique au service de l’environnement par une « sobriété numérique ». Il faut se poser la question de « quelle innovation pour quelle utilité ». Pour creuser cette réflexion, j’aimerai vous poser les questions suivantes :


- Quelle est la consommation énergétique totale des infrastructures mise en place par le CIRB (IRISNET compris) en Région Bruxelloise ? Je pense entre autres au Data Center, aux infrastructures wifi…

- Existe-t-il un monitoring de la consommation énergétique liée au numérique en Région Bruxelles-Capitale ?

- Dans la perspective de faire de Bruxelles une Smart City, quels sont les objectifs de sobriété numérique que le gouvernement s’est donné ? Qu’est ce qui est fait concrètement aujourd’hui sous votre tutelle ?



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