• Christophe De Beukelaer

La Libre - Ouvrir les urnes aux jeunes dès 16 ans ? Absolument pas.

- Article publié dans La Libre Belgique.


Faut-il ouvrir les urnes aux jeunes dès 16 ans ?

Absolument pas. En tant qu’échevin de la jeunesse, je me rends régulièrement dans les écoles pour expliquer ce qu’est la politique, ce qu’est une commune, etc. Et je me rends compte qu’à 16 ans on a encore besoin d’apprendre et d’être formé pour se faire une opinion.


Et, deux ans plus tard, on est plus mûr ?

Dix-huit ans, c’est la sortie de l’école en principe. Il y a une certaine logique à ce que le vote soit accordé à ce moment-là. D’ailleurs, pourquoi considérerait-on sinon qu’à 18 ans on a la majorité pénale ? Avant 18 ans, un jeune n’est pas jugé comme la majorité des citoyens parce qu’on estime qu’il faut tenir compte d’une certaine immaturité de ses actes dans le processus judiciaire. Ne serait-il pas bizarre de lui donner le même pouvoir de décision que les personnes majeures concernant les grands choix de société ?


Votre raisonnement vaut-il pour tous les types de scrutin (communal, régional, européen, etc.) ?

Oui. Le contraire voudrait dire quoi : qu’on leur accorde une importance différente ? Que les problèmes seraient plus compréhensibles à un niveau qu’à un autre ? Cela n’aurait pas de sens…


Le vote à 16 ans sur base volontaire vous convient-il mieux ?

Il n’y a pas de raison, non. Je suis très attaché à l’obligation du vote. Il est fondamental. Je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi on se pose cette question maintenant. Serait-ce un moyen de détourner l’attention des problèmes que nous, les jeunes, on demande de régler (le décumul, les plafonds de rémunération…) ? C’est un débat politicien où chaque parti se positionne en fonction de ce que cela peut lui rapporter comme voix.


Pas vous ?

Ni moi ni les jeunesses politiques ne réfléchissent ainsi, non. Pour moi, la priorité aujourd’hui est de recréer le lien entre le politique et le citoyen de plus de 18 ans. Ce n’est pas en intéressant les gens de 16 ans à voter qu’on va réussir à les impliquer outre mesure dans le système.


Que faudrait-il faire alors ?

Il y a des tas de possibilités pour intéresser les jeunes à la politique ! Dans les conseils d’élèves, dans le scoutisme, tout l’associatif: là se trouvent tous les moyens et l’énergie. Notre système politique ne correspond plus du tout aux aspirations des jeunes. Il faut radicalement changer, et les structures et la manière de faire de la politique. Il faut principalement accélérer la rotation des élus : que plus de gens puissent accéder à des postes de responsabilité. Et, pour qu’il y en ait plus, les mandats doivent être limités dans le temps.


Entretien : Monique Baus

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