• Christophe De Beukelaer

Christophe De Beukelaer (Les Engagés) : 'Nous ne sommes plus le parti des catholiques' Bruzz - 17/03

👉Titre amĂ©liorĂ© par Chrsitophe : "Nous ne sommes plus le parti des catholiques uniquement, nous sommes le parti de ceux qui cherche du sens dans la vie"


🗞https://www.bruzz.be/politiek/christophe-de-beukelaer-les-engages-we-zijn-niet-meer-de-partij-van-de-katholieken-2022-03


Le député Christophe De Beukelaer (34) a aidé à préparer le renouvellement de son parti CDH, qui s'est transformé en Les Engagés samedi.

Fin janvier, il a annoncé vouloir convertir son salaire en bitcoins en 2022. Avec son coup d'éclat, " crypto-Christophe " veut appeler tout le monde à se lancer dans les crypto-monnaies. "Il ne s'agit pas d'une décision financiÚre, mais d'une décision politique".


Qui est Christophe De Beukelaer ?


NĂ© en 1987 Ă  Uccle

Fait ses études primaires et secondaires en néerlandais dans sa ville natale de Woluwe-Saint-Pierre.

Études ingĂ©nierie commerciale chaĂźne d'approvisionnement

2010 ; voyage autour du monde à vélo avec un ami pendant un an

Travaille un an pour Elia, le gestionnaire du réseau à haute tension belge

De 2012 Ă  2019 : Ă©chevin Ă  Woluwe-Saint-Pierre

En 2012, reprend la société Allofruits (désormais Meltingpom.be), qui fournit des fruits biologiques et des paniers cadeaux. Le vend à nouveau en 2021.

De 2017 à 2019 : président national du mouvement des jeunes du CDH.

En 2019, député bruxellois pour le CDH, suit les questions de mobilité, de budget et d'énergie.

🏩Annonce cette annĂ©e que son salaire sera payĂ© en bitcoin pendant un an.


Par une journĂ©e ensoleillĂ©e de printemps, le dĂ©putĂ© bruxellois Christophe De Beukelaer reçoit BRUZZ dans son bureau de la place Albertine, avec une vue sur le Kunstberg jusqu'Ă  l'Ă©glise Saint-Jacques-sur-le-Koudenberg. Être membre d'un petit groupe qui n'a pas de place au sein du Parlement lui-mĂȘme a ses avantages.


Il dit lui-mĂȘme que c'est une coĂŻncidence qu'il se soit retrouvĂ© avec le CDH il y a dix ans. AprĂšs un tour du monde Ă  vĂ©lo, le tout nouvel ingĂ©nieur commercial a eu envie de s'engager en politique. BenoĂźt Cerexhe, le bourgmestre de "sa" commune Woluwe-Saint-Pierre, lui a demandĂ© de rejoindre sa liste Ă©lectorale, et il est ainsi devenu le plus jeune Ă©chevin de la rĂ©gion. "Pour ĂȘtre honnĂȘte, ça aurait pu ĂȘtre une autre fĂȘte. Le MR, par exemple, ou Ecolo. Pas avec le PS, parce que je ne connais pas autant de gens lĂ -bas."

"Lorsque je suis devenu conseiller municipal, j'ai repris une entreprise de fruits biologiques et de paniers-cadeaux. Je voulais rester financiÚrement indépendant du parti."


Lors des derniers scrutins, le CDH a flirté avec le seuil électoral. Quelque chose devait changer.

Christophe De Beukelaer : (hoche la tĂȘte) Nous devions voir ce que nous pouvions faire pour survivre. Nous constatons que les extrĂȘmes obtiennent de plus en plus de voix. C'est parce que les autres partis n'offrent plus de rĂ©ponses aux vrais problĂšmes.

MR et PS sont empĂȘtrĂ©s dans une contradiction patron-employĂ© qui n'est en fait plus un problĂšme aujourd'hui. De mĂȘme pour Ecolo/Groen, ils ont Ă©tĂ© trĂšs utiles mais continuent de penser qu'ils sont les seuls Ă  dĂ©fendre le climat. DĂ©fi pense que les Bruxellois sont toujours engagĂ©s dans une opposition entre francophones et nĂ©erlandophones, mais les gens vivent dĂ©sormais dans un monde multiculturel. Et il en va de mĂȘme pour le CDH. Nous pensions Ă  tort que la vie Ă©tait encore structurĂ©e par les familles traditionnelles : papa et maman avec leurs trois enfants et leur chien.

Maxime Prévot, devenu président juste avant les élections de 2019, a immédiatement annoncé que nous allions tout remettre en question.

Lorsque j'ai rejoint le CDH, j'ai immédiatement senti que le parti se trouvait à un carrefour de son existence. En tant que jeune, j'avais plus d'influence dans un petit parti qui avait des problÚmes que dans un plus grand. J'ai donc essayé d'influencer ce parti de l'intérieur. J'ai été président du département jeunesse pendant quelques années, et j'ai également mis beaucoup d'énergie dans l'opération de renouvellement.

Au cours des deux derniÚres années, nous avons mis en place des comités d'experts, développé une plateforme Internet et organisé de nombreuses réunions sur le terrain. Tout cela a été rassemblé dans un manifeste et de nouveaux statuts, qui ont été annoncés samedi dernier. Au cours des trois prochains mois, le plus grand nombre possible de nouvelles personnes peuvent encore proposer des changements.


Quels sont les principaux points du programme des Engagés ?

De Beukelaer : Nous sommes trĂšs engagĂ©s en faveur du climat, de maniĂšre pragmatique. Plus prĂ©cisĂ©ment, nous proposons que l'Ă©nergie nuclĂ©aire reste un Ă©lĂ©ment permanent de notre bouquet Ă©nergĂ©tique. Pour que la suppression de la voiture de sociĂ©tĂ© soit une opĂ©ration fiscalement neutre, l'impĂŽt sur le travail devrait ĂȘtre rĂ©duit proportionnellement.


Sur le plan économique, nous nous positionnerons au centre-droit, avec beaucoup de propositions pour soutenir les personnes qui prennent des risques, et pour mettre chacun face à ses responsabilités.

Nous considĂ©rons que les questions Ă©thiques sont des choix personnels dans lesquels le gouvernement ne doit pas s'immiscer. Nous ne sommes plus non plus le parti des catholiques, ou simplement du christianisme. C'Ă©tait dĂ©jĂ  le cas, CDH signifiait "Centre DĂ©mocrate Humaniste". Mais beaucoup de gens ne le savaient pas. DĂ©sormais, toutes les personnes ayant des questions existentielles sont les bienvenues, que ce soit dans le cadre d'une religion, d'une philosophie ou d'une quĂȘte spirituelle Ă  travers, par exemple, le yoga ou la mĂ©ditation.


Quel rÎle peuvent jouer Les Engagés à Bruxelles ?


De Beukelaer : Il y a une grande polarisation dans le débat. C'est pourquoi nous avons besoin d'un mouvement vers le centre pour relier toutes ces opinions. Défi aurait pu jouer ce rÎle dans le gouvernement actuel, parce qu'ils sont un peu au milieu sur le plan socio-économique, mais ils ne le sont pas.

Nous devons reprĂ©senter le centre nuancĂ©, Ă©galement entre Flamands et Wallons. Je suis allĂ© Ă  l'Ă©cole en nĂ©erlandais. Mon rĂȘve est un Bruxelles bilingue, avec des listes bilingues. Si nĂ©cessaire, avec quelques mĂ©canismes de sĂ©curitĂ© pour les nĂ©erlandophones. Tous ces trucs avec Cocof et FCC sont vraiment dĂ©passĂ©s. Personnellement, je suis Ă©galement en faveur des Ă©coles bilingues, bien qu'il faille trouver les enseignants pour cela.


Fin janvier, vous avez annoncé qu'en 2022, vous convertirez votre salaire en bitcoin, la monnaie virtuelle, pendant un an.

De Beukelaer : Les gens ne se rendent pas compte Ă  quel point le monde financier a perdu la pĂ©dale. L'inflation est trĂšs Ă©levĂ©e, les taux d'intĂ©rĂȘt sont proches de zĂ©ro. La combinaison des deux signifie que l'Ă©pargne ne rapporte rien, bien au contraire.

Aux États-Unis, l'inflation est actuellement de 7,5 %, en Europe, elle est de 5 %. Avec une inflation de 7 %, en dix ans, vous avez perdu la moitiĂ© de votre capital. C'est Ă©norme, et les gens n'en ont pas conscience.

Il y a également une dissonance totale entre la situation désastreuse aprÚs Covid dans le monde normal, et les augmentations sur les marchés financiers. Nous nous dirigeons tout droit vers de gros problÚmes.

Pour rendre la situation plus Ă©quitable, nous devons faire trois choses. Tout d'abord, Ă©duquer les gens sur les questions financiĂšres dĂšs leur plus jeune Ăąge. Ma sƓur et mes parents sont dĂ©jĂ  privilĂ©giĂ©s, mais mĂȘme eux ne savent pas ce que signifie l'inflation, ni ce qu'est une obligation.

DeuxiĂšmement, je demande un impĂŽt sur le revenu, sur le rendement des actifs. Nous devons taxer davantage ce que vous gagnez avec votre argent, et moins ce que vous gagnez en travaillant.

TroisiĂšmement, nous devons travailler de maniĂšre substantielle sur notre systĂšme financier. Les crypto-monnaies ont l'avantage de l'accessibilitĂ©, tout le monde a les mĂȘmes informations et peut faire les mĂȘmes choses. Vous n'avez pas d'intermĂ©diaires Ă  qui vous devez payer beaucoup d'argent. À l'avenir, il y aura deux mondes financiers qui s'Ă©quilibreront, comme un pouvoir et un contre-pouvoir en politique.

Pour attirer l'attention sur le monde financier injuste, j'ai dĂ©cidĂ© d'ĂȘtre payĂ© en bitcoins pendant un an. DĂ©sormais, mon salaire d'environ 5 500 euros nets sera versĂ© sur mon compte Bit4You, la seule plateforme d'Ă©change belge oĂč l'on peut acheter des bitcoins. Il ne s'agit pas d'une dĂ©cision financiĂšre, mais d'une dĂ©cision politique. En attendant, je vais vivre de mes Ă©conomies, mais je compte bien faire des bĂ©nĂ©fices.


Les crypto-monnaies telles que le bitcoin font l'objet de nombreuses critiques.


De Beukelaer : C'est juste parce que les gens ne savent pas comment cela fonctionne. Ce n'est pas parce que c'est décentralisé que c'est anonyme. Vous pouvez établir des rÚgles pour identifier les personnes, et nous devrions le faire, mais nous ne devrions pas jeter le bébé avec l'eau du bain.

Bien sĂ»r, les personnes mal intentionnĂ©es se rĂ©fugient dans les nouvelles technologies, comme ce fut le cas aux dĂ©buts d'Internet. Mais le monde financier d'aujourd'hui est dans une impasse. Nous allons vers des catastrophes majeures, il n'y a jamais eu autant d'argent imprimĂ©, l'inflation augmente. Ainsi, aux États-Unis, en Chine et en Afrique, on travaille dĂ©jĂ  Ă  rendre le bitcoin et les autres crypto-monnaies lĂ©gaux.


Vous demandez un cadre juridique pour les crypto-monnaies.


De Beukelaer : L'UE doit agir de toute urgence. Sinon, nous n'aurons une fois de plus rien Ă  dire sur cette nouvelle technologie. Allons-nous attendre encore dix ans comme nous l'avons fait pour l'Internet ?

J'ai Ă©galement fondĂ© la Brussels Blockchain Conference avec un ami il y a un an, avec laquelle nous essayons de sensibiliser le public Ă  cette technologie. Maintenant, en 2022, ils organisent des auditions au parlement fĂ©dĂ©ral sur le bitcoin. Mais c'est bien trop tard. J'ai donc pensĂ© : je dois faire un coup mĂ©diatique pour que ce sujet soit en tĂȘte de l'agenda.

Et ça a marchĂ© : un journaliste m'a dit que le MR et le PS avaient appelĂ© pour dire qu'ils avaient engagĂ© quelqu'un pour travailler sur les crypto-monnaies. Si mĂȘme le CDH travaille sur ce sujet, nous ne pouvons pas passer Ă  cĂŽtĂ©", telle Ă©tait l'idĂ©e (sourires).

Ce n'est qu'en investissant vous-mĂȘme, quelques dizaines d'euros, que vous vous obligez Ă  dĂ©couvrir comment cela fonctionne. Et je le recommande Ă  tout le monde. Tous les riches et les grandes banques comme Goldman Sachs investissent, car c'est une dĂ©cision intelligente. Les personnes les plus pauvres ne pourront pas en profiter. Pour attirer l'attention sur ce point, je fais ceci.


Nous sommes maintenant à mi-chemin de votre premier mandat de député. Que voulez-vous encore réaliser ?


De Beukelaer : J'aimerais vraiment que nous arrĂȘtions d'utiliser le systĂšme de vĂ©los partagĂ©s Villo d'ici la fin du mandat. Parce qu'ils sont gratuits pour la RĂ©gion, mais en Ă©change nous donnons Ă  l'opĂ©rateur JC Decaux tout cet espace publicitaire dont nous ne gagnons rien. Nous ne les encourageons pas non plus Ă  amĂ©liorer le fonctionnement de Villo. Le modĂšle ne fonctionne tout simplement pas.

Il devrait y avoir un appel d'offres public pour la publicitĂ©, et un autre pour un systĂšme de vĂ©lo en libre-service. Ce systĂšme devrait fonctionner de la mĂȘme maniĂšre que les marchepieds Ă©lectriques, avec des places de stationnement marquĂ©es. Je vais essayer d'en convaincre le ministre.










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